Ma pratique photographique s’attache à la présence humaine et à ce qu’elle laisse apparaître, dans les corps comme dans les lieux.
Le corps a longtemps constitué le centre de mon travail. Je l’ai photographié dans le mouvement, la scène, l’intimité ou l’attente, avec une attention particulière à ce qui affleure lorsque les attitudes deviennent moins maîtrisées et que le rôle social se relâche.
Le judo et la philosophie zen ont façonné mon rapport à l’image : être présente à ce qui se passe, observer, puis saisir l’instant en un seul geste, ici et maintenant, sans calcul. Cette manière de photographier privilégie l’attention et la disponibilité plutôt que la mise en scène.
Cette même attention s’étend aujourd’hui aux territoires. L’homme n’y est pas nécessairement visible : sa présence apparaît dans ce qu’il construit, cultive, transforme, abandonne ou détruit. Routes, architectures, paysages exploités, infrastructures ou ruines portent les traces d’usages successifs et de différentes temporalités.
De Ce que le corps retient à Ce que retient le territoire, une même question traverse mon travail : qu’est-ce qui demeure, et comment la photographie peut-elle rendre perceptible ce qui persiste sous l’état présent des êtres et des lieux ?
La sculpture occupe également une place importante dans mon cheminement. Comme un sculpteur travaille les vides et les pleins, je construis mes photographies par la lumière, les ombres et la profondeur.
Je travaille en argentique comme en numérique, en noir et blanc ou en couleur. L’editing tient une place essentielle dans ma pratique : les images prennent sens autant par ce qu’elles montrent que par les relations qu’elles entretiennent entre elles.